COP 26 TROP DE BLA-BLA

5 novembre, 5 ème jour de la COP 26, des milliers de jeunes ont manifesté en scandant des « bla-bla-bla ! » dans les rues de Glasgow. Pour eux il y a d’un côté l’urgence climatique et de l’autre les « bla-bla-bla » des dirigeants.

BEN STANSALL / AFP

Cette réunion de l’espoir pour trouver les meilleures solutions pour réduire les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique était déjà mal partie avec l’absence de trois grandes nations pollueuses, la Chine, la Russie et le Brésil. Aussi, cette réunion au sommet s’est retrouvée à la cave.

Le Monde a publié sur son site hier un article de sa journaliste Ruth Carter. Elle décrit le mécontentement de la jeunesse marchant dans les rues de la ville écossaise.

« Portant des banderoles, telles que « Défendez l’avenir », adolescents, jeunes adultes et enfants scandaient « Qu’est-ce qu’on veut ? La justice climatique ! Et pour quand ? Pour maintenant ! »

Rappelez-vous, le 28 septembre dernier, Greta Thunberg dénonçait, les « trente années de bla-bla » des dirigeants du monde. Ce jour là elle disait à la tribune

« Il n’y a pas de planète B, il n’y a pas de planète bla-bla, bla-bla-bla, bla-bla-bla, économie verte bla-bla, neutralité carbone en 2050 bla-bla. » 

Faut-il en rire ou en pleurer de cette situation. Le dessin de Coco qu’elle a publié il y a quelques jours dans Libération, vaut mieux que tous les grands discours.

COCO LIBERATION

En tant que citoyen français lambda, je sais qu’il faut se bouger pour sauver notre planète bleue qui s’assombrie de jour en jour. Un matin, on se retrouvera tous dans la nuit. Plus de soleil, il sera quelque part derrière un épais nuage de pollution. Voulons-nous continuer à porter des masques ? Parce que demain, ce ne sera plus la COVID 19 qui nous obligera à le faire, mais belle et bien la pollution qui nous empêchera de respirer.

Oui la jeunesse a raison de gueuler et de manifester à l’unisson de Greta Thunberg. Leur combat, c’est notre combat. On a foutu en l’air la planète sur laquelle ils vont grandir, vivre, évoluer, s’aimer.

Tous ces vains Bla-Bla-Bla de nos dirigeants me font penser à la chanson de Princesse Erika « Trop de bla-bla » qui l’a fait connaitre. Oui il y en a trop et sincèrement, ils me cassent les oreilles.

CATCH ! Coups bas et verbes hauts

© Fanchon Bilbille

Le théâtre de la tempête ouvre sa saison 2021-2022 en frappant un grand coup avec force manchettes et clés de bras sur un ring avec la pièce Catch mise en scène par Clément Poirée et servi par une troupe d’acteurs-lutteurs de haute voltige.

L’entrée se fait par l’extérieur. Deux rideaux bleu électrique surmontés d’un néon sur lequel brille Catch ! attire les spectateurs chalands. On entre et là les habitués du lieu ont un choc. La grande salle Serreau du théâtre de la Tempête a été totalement transformée. En lieu et place de la scène, trône un ring. De part et d’autre de celui-ci des gradins ont été installés. Les murs de la salle sont tagués. Côté cours, on aperçoit des grillages derrière lesquels est installé une batterie. L’attente. Soudain un homme et une femme s’adressent à nous. 

« Bonsoir à tous. Ici ce n’est pas du théâtre que vous allez voir mais du catch. Alors, n’hésitez pas à crier, à huer, à applaudir. Et à participer au spectacle qui se passe sous vos yeux. Si vous voulez circuler autour du ring, vous pouvez le faire mais à vos risques et périls… » 

Un catcheur masqué en combinaison argentée se glisse derrière la batterie et commence à taper avec son pied sur la pédale de la grosse caisse au rythme de « We will rock you » de Queen. Chanson musclée qui harangue les spectateurs et les chauffe avant les combats de catch théâtral qui vont se succéder durant près de trois heures (c’est un peu long).

© Fanchon Bilbille
Clément Poirée, producteur et metteur en scène

La vengeance féminine sur le ring

« C’est une forme un peu différente du travail d’acteur qui est de l’ordre de la représentation et de l’interprétation. Ce n’est pas tout du pur théâtre, ni tout à fait du pur catch. » Précise Clément Poirée. Nous assistons à du catch théâtral au cours duquel s’affrontent des personnages outranciers Battery Pork, Misandra, Kaapital, KassNoisette, Saturne ou Priapico. Ils usent des codes du catch pour abuser de la fourberie et se donner des coups bas, tout en lançant des coups de gueule. Si les combats ont été chorégraphiés par Vince Greenleaf, un catcheur professionnel, les textes des acteurs-lutteurs ont été écrit par cinq auteurs (Hakim Bah, Emmanuelle Bayamack-Tam, Koffi Kwahulé, Sylvain Levey et Anne Sibran) à la demande du metteur en scène. La majorité des textes mettent en mots la brutalité des rapports homme-femme. 

Pour Clément Poirée, « c’est un peu comme « un cadavre exquis, comme un inconscient collectif qui s’exprime car les auteurs ne sont pas concertés. Les combats mettent en scène des vengeances féminines. Sur le ring les femmes rendent les coups. Que soit le personnage de KassNoisette ou celui de Misandra. Ce sont de vraies amazones et des vraies combattantes. Elles occupent le ring tout autant que les hommes. » 

C’est tout vu. Allez expérimenter ce catch théâtral qui use de l’art du faux et de la cascade. Où l’on voit couler du sang, de la sueur et des larmes de pacotilles.

Mais attention, souvent le faux permet d’aborder de façon rapide et légère nos vrais problématiques sociétales.

Clément Poirée

Un spectacle protéiforme et hétérogène sans obligation de silence 

Avec Catch, les codes du théâtre en salle sont rompus. Cette parenthèse déjantée se situe entre le show spectaculaire du cirque et le théâtre de tréteaux de la comédia del arte, voire du spectacle de rue où les acteurs harangue la foule. Par moment, on se croirait revenu à l’époque de la TV en noir et blanc des années soixante, quand Roger Couderc commentait, avec son accent chantant du Lot, les matchs de catch entre Chéri Bibi et René Ben Chemoul. 

Avec son équipe d’acteurs, Clément Poirée avoue explorer de nouvelles voies de la représentation. 

« Celles-ci ne se réduisent pas au théâtre frontal ou d’experts qui vous regarde dans un silence religieux. C’est la foire, c’est grotesque et il n’y a aucun rapport d’obligation. Le spectateur prend ce qu’il veut dans ce spectacle protéiforme et hétérogène. Il est dans un autre rapport de liberté avec ce qu’il voit. »

C’est tout vu. Allez expérimenter ce catch théâtral qui use de l’art du faux et de la cascade. Où l’on voit couler du sang, de la sueur et des larmes de pacotilles.

Mais attention, souvent le faux permet d’aborder de façon rapide et légère nos vrais problématiques sociétales.

© Fanchon Bilbille

Assaut au Capitole – Trump la mort

©Photo AFP

Cinq personnes ont péri suite à l’attaque du Capitole par les sympathisants pro-Trump mercredi 6 janvier à Washington. Retour sur les faits. Corinne Deléchat, économiste à Washington, les analyse.

En milieu de journée, Donald Trump fait un discours à ses supporters près de la Maison-Blanche. Il conteste une fois de plus les résultats d’une élection présidentielle qu’il savait perdue. « Nous n’abandonnerons jamais ! » lance t’il.

Galvanisée, la foule se rend au Capitole où a lieu la certification des résultats pour entériner la victoire de Joe Biden.

Très rapidement, les forces de l’ordre sont submergées. Les militants parviennent jusqu’aux terrasses du Capitole, grimpent aux murs, cassent les fenêtres et pénètrent dans le siège du Congrès, munis pour les uns de drapeaux confédérés et pour les autres de symboles complotistes QAnon tandis que les agents de sécurité reculent devant la foule haineuse.

Les vidéos confirment l’extrême violence des manifestants. On voit un policier à terre roué de coups et des appels à « pendre » le vice-président Mike Pence, « le traitre », qui avait annonçait sur les réseaux sociaux qu’il ne s’opposerait pas à la certification des résultats des élections présidentielles. On voit des meutes pourchassant l’agent Eugene Goodman, de la police du Capitole, qui est parvenu à détourner l’attention des émeutiers alors qu’ils s’apprêtaient à faire irruption au milieu des tribunes du Sénat. Goodman, il porte bien son nom.

Cinq personnes ont péri dans l’attaque du Capitole : un policier frappé avec un extincteur, une manifestante abattue par un agent et trois sympathisants pro-Trump, sont morts aux abords du Capitole en raison « d’urgences médicales distinctes » …

Corinne Deléchat, économiste à Washington, analyse la situation

Comment a été perçue la prise d’assaut du Capitole par les sympathisants de Donald Trump ?

« Pour nous c’était un épisode de plus dans le feuilleton délirant qu’a été la présidence de Trump. C’était le dernier salto d’un président qui refusait jusqu’au bout d’accepter qu’il avait perdu. C’était aussi une atteinte grave à la démocratie américaine… La seule bonne nouvelle de la journée c’était la victoire des deux candidats démocrates… »

Il semblerait qu’il y ait eu des failles dans le service de sécurité. Quand pense les médias ?

« Il y a beaucoup de théories et de questions sur le sujet dans les médias. Des enquêtes sont en train d’être menées sur la base des images fournies par les caméras. Les faits troublants concernent la police du Capitole qui était seule face aux manifestants. Ils n’avaient pas reçu d’ordre et ne savaient pas comment gérer la foule. Le chef de la police du Capitole a menti sur le fait que la Garde Nationale devait intervenir. En conséquence, il a démissionné… Comme l’a précisé Joe Biden dans son discours, il y a eu une différence de traitement flagrant entre les manifestants blancs du Capitole et ceux qui étaient dans les manifestations Black Lives Matter cet été. »

Va-t-on tourner définitivement la page Trump ?

« Ce n’est pas le mouvement de Trump. Il a su capter ce mouvement sous-jacent et capitaliser dessus. Il a manipulé un groupe des gens, surtout des blancs, qui ont peur de l’arrivée des minorités, de la perte de leurs privilèges, de l’ouverture au monde et malheureusement, je pense que cela va continuer après lui. Ce que l’on peut espérer, s’il n’y a plus de figure forte en avant plan, c’est que cela perde de l’ampleur. »